La notion de risque cardiovasculaire global est un concept assez récent qui est en rupture avec les habitudes analytiques du passé, à savoir la prise en compte de facteurs de risque isolés. (HTA, cholestérol, tabac, obésité, etc.)
Le risque global privilégie l'intégration des facteurs de risque les plus divers pour en déduire un niveau de risque individuel plus probant.
Une démarche pratique, rapide et validée
a été mise au point pour déterminer le niveau de risque individuel.
La première partie est purement clinique: anamnèse, données biométriques et pression artérielle.
Le cas échéant, si le niveau de risque n'est pas déterminé cliniquement, une prise de sang viendra affiner l'estimation.
Un grand nombre des facteurs de risque impliqués sont accessibles à des mesures préventives, souvent purement comportementales, qui peuvent souvent avoir un effet bénéfique sur plusieurs facteurs à la fois.
Cet abord comportemental est une constante systématique, même si, parfois, le recours à l'une ou l'autre médication est parfaitement indiqué.
L'éducation à la santé, au même titre que la prévention, fait partie du rôle du médecin de famille.
Même si, ce dernier ne peut assumer seul cette mission, il en est un intervenant privilégié.
La promotion de la santé cardio-vasculaire, c’est passer du registre des maladies (à prévenir, à éviter) à celui de la santé (à promouvoir, à augmenter) d’un individu et d’un groupe social (ex. : une patientèle d’un généraliste).
C’est également une manière particulière d’envisager la santé, de porter un regard, d’entendre, de soigner qui nous incitent à parfois agir, sur les déterminants de la santé des personnes concernées : conditions de vie, habitat, accès aux soins, insertion sociale, etc.
En effet, la promotion de la santé (1) cardio-vasculaire s’intéresse cette fois à un cran plus éloigné des facteurs de risque : les déterminants de la santé: l’insertion sociale, le niveau d’éducation, l’emploi,
les conditions de vie, etc.
Bien en amont des maladies et influençant considérablement la santé des individus et des populations, ces déterminants de la santé sont à ce jour bien connus et communs pour beaucoup de maladies chroniques ou de souffrances humaines.
Dans nos expériences cliniques, nous savons tous que les conditions de la vie quotidienne des patients influencent considérablement leur santé: précarités, conditions de (non) travail, ruptures familiales et sociales provoquant des sentiments d’insécurité ou de perte d’identité fortement corrélés aux facteurs de risque plus médicaux : stress, tabac, obésité, alcoolisme problématique, alimentation déséquilibrée, HTA, …
En médecine générale, nous nous intéressons non seulement à l’une ou l’autre maladie, mais surtout à ce patient (malade ou non), à toute sa
personne et à son contexte de vie.
Cette approche humaniste est familière et gratifiante pour le généraliste. Utile aussi pour le patient et tout aussi gratifiante pour lui.